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52% des mères que j’ai interviewées m’ont témoignées s’être reconverties après avoir fait le constat que leur vie professionnelle était inadaptée à leur vie de maman. Seulement 14% des femmes devenues mères, m’ont indiquées que leur maternité n’avait rien changé à leur carrière.

Selon elles, leur reconversion est dû soit au niveau d’une incompatibilité horaire, ou salariale, vis à vis du mode de garde, soit tout simplement elles ont dû faire face à la difficulté de devoir « tout gérer » à la maison et assurer un travail de qualité. 

Celles qui ne se sont pas reconverties et qui ont vu un changement de priorité dans leur vie, sont soit passée mère au foyer (11 %) soit ont poursuivi leur travail, proches de l’implosion, car elles ne peuvent pas faire autrement (donner un %). 8% ont aussi vécues des discriminations face à leur maternité…

Tu te reconnais peut-être là-dedans ?!

 

Sache que je me sentais bien seule lorsque je suis tombée enceinte pour la première fois lors de mon doctorat…

Et que j’ai pris la décision de me reconvertir suite à ma seconde grossesse, alors que je m’étais battue pour obtenir mon post-doc… et pourtant je peux t’assurer, que mon cas était loin d’être isolé.

 

Je te raconte tout ici !

Tout ça, je l'ai vécu !

Les surprises de la vie ...

A l’orée de mes 30 ans, toute fraiche propriétaire d’une maison de location saisonnière, en pleine rénovation, je travaille d’arrache pied sur ma thèse. Pour ceux.elles qui ne connaissent pas, c’est un travail sur 3 ans après le Master, qui permet l’obtention du doctorat utile pour entamer sa carrière de chercheur.e. 

 

A l’époque mon conjoint est chef d’entreprise, et je l’aide à gérer ses factures. Je m’occupe aussi de l’intendance de la maison, sans que ce ne soit vraiment très clair.

 

Puis, 4 mois après l’acquisition de la maison, je tombe enceinte.

 

S’en est suivi un gros bouleversement interne avec une perte de repères et une re-hiérachisation de mes priorités. Mais avant de réussir à les re-hiérarchiser, il a fallu attendre 8 mois, l’arrivée de ma fille.

 

(c) Photo de Loïse Barbé

L'arrivée de ma fille ...

Sur la photo que vous voyez juste au dessus, je suis à 3 jours d’accoucher. Et je ne le sais pas encore. Je pense qu’à l’époque je n’écoute pas mon corps et je pousse mes limites. 

J’ai décalé mes congés maternité, pour pouvoir travailler le plus proche possible de mon accouchement. En théorie, je m’arrête donc à 4 semaines avant l’accouchement.

Ma fille en a décidé autrement. Elle arrive avec 3,5 semaines d’avance, je m’arrête donc le vendredi pensant avoir 1 mois devant moi pour me reposer, elle arrive le mardi.

J’ai donc eu 3 jours pour me reposer…

Ca a poser le cadre pour la suite. 

Quelles sont mes nouvelles priorités en devenant "maman" ?

Ma carrière était donc importante à mes yeux, mais l’était elle plus que ma santé et que le bien-être de ma fille ?

Le congé maternité peut être long et les mamans sont mal soutenues. Lorsqu’on est isolée, et que nous sommes seule à nous en occuper, les journées sont parfois interminables. Et une tonne de questions vient bousculer notre esprit.

Après avoir eu un enfant, nous ne sommes donc pas la même personne. C’est un bouleversement que nous vivons, aussi bien intérieur qu’avec l’extérieur. En tout cas, je l’ai vécu, et en discutant avec de nombreuses autres femmes, elles l’ont aussi vécu ainsi…

Lorsque j’ai mis ma fille à la MAM j’ai ensuite été confrontée à la problématique horaires – salaires – distance MAM et entreprise. J’ai décidé de ne pas la mettre en nounou, et de choisir un lieu qui soit intermédiaire entre une crèche et un.e nounou. La MAM était parfaite pour ma fille mais m’obligeait à faire un détour chaque jour, matin et soir. Je courais partout. Et n’était pas secondé, ou très rarement.

Discrimination bonjour

Un jour, avant de signer mon contrat Post-Doc, mon responsable de l’époque m’invite à discuter de la personne qu’on allait recruter dans une pièce à part. Chose qu’il ne faisait pas habituellement.

Au cours de la discussion, je me rends compte qu’il parle beaucoup plus de moi, que de la personne à recruter. Il finit par me dire 1 an après ma première grossesse que « tu as le droit de tomber enceinte, c’est pas ça que je veux dire, mais tu me refais pas ça pendant ton post-doc ». Je n’avais pas encore signé le contrat, je ne comprenais pas vraiment son message, j’étais sidérée incapable de me défendre.

Je ne me suis donc pas défendue, et j’ai signé son contrat. Avec du recul, je n’aurais pas dû.

J’étais en train de vivre ma première discrimination au travail et je ne le savais pas. 

J’ai mis 1 an à en parler officiellement à des membres de ma hiérarchie. J’avais honte, et je ne pouvais plus travailler pour ce responsable. 

J’ai changé de responsable et de bureau, ce qui a été comme un pansement pour moi qui m’a permis d’être moins mal à l’aise. Seulement, dans les faits, mon travail servait toujours mon ancien responsable, que je côtoyais quand même.  

Le choix de ma reconversion

L’environnement de travail me pesait, j’étais pressée comme un citron. Juste avant le confinement, je bossais de 7h à 22h pour le labo, laissant ma fille soit à la MAM quand son père pouvait aller la chercher, soit chez ses grands parents. Ca a duré 3 semaines, et je n’en pouvais plus. En plus à la maison, on me reprochait cet investissement. Et au boulot, ça paraissait « normal »… 

Le confinement a sonné, et j’ai pu souffler. Pour la première fois de ma vie, comme beaucoup d’entre nous, j’ai pu me poser des questions existentielles et réfléchir à mon futur. Lors de ce confinement, je tombe enceinte pour la 2ème fois, 2,5 ans après ma fille, en plein Post-Doc. C’était trop, je ne pouvais plus retourner au boulot. Je décide alors d’arrêter. 

Ma vie de maman solo

Quelques années plus tard, je me sépare du papa de mes enfants. En pleine reconversion, je me suis battue pour développer mon activité en solo en ligne et pour gérer les problèmes familiaux. Il n’était pas possible pour moi de faire garder les enfants, les difficultés financières chaque mois m’ont poussées à chercher un travail salarié. 

 

Avec un bac +8 en poche aucun poste ne correspondait à mes aspirations professionnelles et à un équilibre horaire, salarial et familial. J’ai donc décidé de m’accrocher, coûte que coûte et de développer Mum N’ Happy, seule solution judicieuse à mes yeux.  

Pourquoi je témoigne de ça ici ?

J’ai pu expérimenter à quel point il est difficile de devenir maman dans le milieu de la recherche alors qu’on n’est pas titularisée. Beaucoup de femmes « attendent » leur titularisation pour avoir des enfants. En pensant que c’est un vrai choix, bien réfléchi, alors qu’en fait c’est conditionné par le fonctionnement du système.

J’ai décidé aujourd’hui d’oeuvrer pour :

1. que les mamans ne soient plus stigmatisées : « ça va, tu vas pouvoir gérer, être enceinte n’est pas une maladie », « toutes les femmes l’ont fait avant toi, alors plains toi pas » ou encore « tu ne veux pas avorter là, ce n’est pas le bon moment », « la chance, elle s’est mise à 80%, feignasse »…

Ce n’est jamais le bon moment, le seul thermomètre intérieur qui doit être pris en compte c’est « est-ce que quand je vois ce test positif, ça me met en joie ou pas ? » 


2. que les mamans qui s’investissent pour leur famille puissent avoir les mêmes possibilités d’évolution de carrière que les autres,


3. que les mamans puissent être indépendante financièrement,

 

4. que la société puisse évoluer au sujet de la parentalité, et qu’elle devienne plus égalitaire entre les hommes et les femmes qui deviennent papa et maman.

Pour cela, j'ai deux offres phares !